Ainsi à grands traits souvent caricaturaux, le destin singulier d’un jeune jihadiste français et de quelques centaines d’autres à l’échelle de la France devient par la force de la répétition médiatique celui d’une génération de jeunes musulmans.
Cette mise en scène médiatique scandaleuse et tapageuse permet aux propagandistes racistes de travestir l’image de la jeunesse de nos quartiers populaires tout en donnant libre court à l’islamophobie.

J’en veux pour preuve le peu d’éclairage médiatique sur l’engagement au quotidien largement majoritaire de la jeunesse des quartiers populaires pour construire un monde plus juste. Hasard du calendrier dans cette même semaine du 13 au 23 novembre 2014 s’est tenu en Val-de-Marne la 13eme édition de la semaine un notre monde.

A l’échelle de notre département la semaine un notre monde, c’est plus de 600 jeunes val-de-marnais qui sont partis en 2014 sur des projets de solidarité internationales. C’est depuis plus de 25 ans plus de 600 jeunes par an que nous accompagnons dans leur projet de solidarité internationale qui les mènent à construire des écoles, des hôpitaux, à participer à des projets d’éducation populaire auprès de population qui souffrent partout dans le monde. Pas un de ces jeunes val-de-marnais ne bénéficiera pour son engagement de la couverture médiatique dont bénéficient les jeunes jihadistes français qui s’engagent pour l’état islamique.

Comme toujours, par un effet de focus médiatique, la lumière est mise uniquement sur un segment marginal de la jeunesse qui bascule dans la violence et le crime. Pour un jeune qui s’engage au côté du totalitarisme de l’état islamique combien s’engagent tous les jours pour un construire un monde plus juste plus fraternel ?
La jeunesse de nos quartiers populaires n’est pas une classe dangereuse dont il faudrait nous méfier. Notre jeunesse des quartiers populaires qui s’engage pour un mode plus juste plus solidaire est bien plus nombreuse que celle qui se fourvoie au service de la violence jihadiste ou du crime.

C’est pourquoi, je veux remercier toutes celles et tous ceux qui ont œuvré à faire de cette semaine « un notre monde » un temps fort de partage et de rencontre en Val-de-Marne.



Grace à leurs actions ils contribuent à faire du Val-de-Marne un territoire ou « vivre ensemble » n’est pas qu’un vœu pieux. Durant toute cette semaine dans la diversité de leurs projets, de leurs engagements ils ont fait la démonstration que les différences de cultures et d’origines ne sont pas des freins à la solidarité, au partage et à la rencontre.

Dans le contexte actuel, c’est une démonstration qu’il est important de faire connaitre. Je peux témoigner, si besoin en était, que soutenir les associations val-de-marnaises qui accompagnent le développement local dans des pays en difficultés, c’est évidemment permettre à leurs habitants de bénéficier de formations, d’équipements et d’expériences qui les aident à prendre en main leur destinée là-bas mais c’est aussi ici en Val-de-Marne bénéficier d’un investissement citoyen supplémentaire dans nos villes. Les jeunes soutenus par notre collectivité sur des projets internationaux, font très souvent perdurer leurs investissements citoyens et associatifs au-delà de leurs projets. Ces échanges internationaux ouvrent sur d’autres cultures mais aussi sur l’injustice criante de notre monde. Au contact de cette réalité, chacun réinvestis cette expérience selon ses choix et ses valeurs mais je constate que chacun le fait en des gestes concrets, en des gestes qui servent d'exemple et qui mobilisent et qui nous rappellent que nous formons une communauté de destin. Cette solidarité humaine, c’est un bien précieux pour le Val-de-Marne et la France.

Le contexte national et international dans lequel cette 13eme édition s’est déroulée est tragique et entre en confrontation direct avec les objectifs qui étaient les nôtres au conseil général lorsque nous avons lancé cette initiative. Nous voulions à travers cet évènement valoriser l’engagement des jeunes mais aussi favoriser la découverte des cultures du monde et mettre en valeur qu’il nous faut être solidaire ici et là-bas pour construire un autre monde plus juste que celui dans lequel nous vivons. C’est peut dire que cet objectif rentre en confrontation avec l’exploitation médiatique qui est faite des quelques jeunes français qui sont partis combattre en Syrie au côté de l’état islamique.

Ce climat médiatique donne un relief particulier et une nécessité essentielle à tous les engagements associatifs dans les quartiers populaires. Car ces engagements témoignent qu’un autre monde est possible et que la jeunesse de nos quartiers populaires n’est pas absente de cette construction. C’est un témoignage important à faire aujourd’hui à l’heure ou politiques et medias mettent en scène un ennemi intérieur qui prend trop souvent la forme de l’islam et de la jeunesse des quartiers populaires.