Rue de l'Observatoire dans le XIVe arrondissement de Paris capitale de la 5ème puissance mondiale, Mardi 1er novembre 2011, une femme vivant sous une tente avec son mari a accouché d'une petite fille, qui est décédée malgré l'intervention des secours.
Cette nouvelle me heurte profondément et je ne peux que constater une fois encore que les mots ne font pas une politique, surtout ceux de Nicolas Sarkozy, et que les actes politiques ont des conséquences que l’on ne peut effacer aussi facilement que le fait le gouvernement de Nicolas Sarkozy.
"Je veux, si je suis élu Président de la République, que d'ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid".
C'était en 2006, à Charleville-Mézières dans les Ardennes, le candidat à la présidentielle Nicolas Sarkozy promettait que s'il était élu, plus aucun sans abri ne dormirait dans la rue ou ne mourrait de froid...
Qu'il se rassure : ce bébé n’est pas mort de froid mais bien des conséquences d’une politique qui casse, jour après jour, tous les outils de solidarité de notre société.
C’est bien la politique du gouvernement Fillon-Sarkozy qui a endeuillé cette famille et qui, chaque jour, meurtrit des milliers de nos compatriotes.
Mercredi, en milieu de journée, j’ai entendu sur RTL le témoignage poignant du père du bébé, Miloud, Voilà ce qu’il nous dit
«Quand les contractions sont venues, j'ai vu ma femme pliée en deux dans la tente et elle m'a dit ; fais-le… j'ai commencé à la voir pousser, pousser et j'ai accueilli la tête du bébé et dès que la tête et les épaules étaient passées, après tout est sorti… Mais elle était inerte, j'ai fait 10' de bouche à bouche, tout, tout, tout… Et puis bon, on avait appelé les pompiers, mais trop tard, ils ne sont pas arrivés assez vite, ce n’est pas de leur faute,…. je ne dis rien………, mais bon, elle est… voilà, aujourd'hui ils nous signent les papiers de décès (...) On nous a toujours orientés vers le 115 ou d'autres organismes, mais bon on a trouvé porte close pratiquement partout. L'histoire elle est là, j'ai accouché ma femme et j'ai vu mon bébé, elle était morte.»
«On a trouvé porte close ...»
Pour une raison simple : elles sont toutes fermées par le gouvernement. Lundi 31 octobre, le secrétaire d’État chargé du logement, Benoist Apparu, fidèle lieutenant du chef de l'État, affirmait qu'"il n’y aura pas de places d’hébergement d’urgence supplémentaires cet hiver"
Ce drame est significatif de la politique menée actuellement en matière d’accueil et d’hébergement. Il témoigne de comment la réduction des moyens, cette fameuse RGPP, ne peut qu’engendrer des situations dramatiques comme celle ci.
Quelle est donc cette société dans laquelle on nous force à vivre et qui n’est plus à même de protéger les plus faibles d’entre nous ?
Ce n’est pas dans cette société la que je veux que nous vivions. C’est pour cela qu’avec les élus de la majorité départementale du Conseil général du Val-de-Marne aux cotés des personnels, je me bats pour que les départements puissent continuer à mener dans de bonnes conditions leurs missions sociales.
Je pense en particulier dans ce triste moment à notre combat en Val-de-Marne pour l’hébergement d’urgence.
Je peux que constater qu’en 2012, c’est aussi un choix de civilisation que nous aurons à faire.